DicoPer-E

E

Écosse (S. A. R. Le Prince D’). — Fils de reine, héritier d’un trône. Grand, fort, la barbe blonde, la peau rose, il est d’une distinction de viveur solide; ses membres carrés syndiquent sous la coupe irréprochable de la redingote [150]. C’est un habitué des Variétés, un admirateur de Nana, qu’il voudrait entendre chanter à Londres [160]. Dans la loge de la cabotine, ce vrai prince boit du Champagne avec l’Amiral suisse et le roi Dagobert, mettant une aimable complaisance à accueillir ces chienlits. Plus tard, parlant de Son Altesse Royale, Nana, qui a perdu tout respect, l’appelle Charles tout court et dit que c’est un prince, mais un salaud quand même [394]. (Nana.)

Écrevisse (L’). — Demi-mondaine du second Empire. Célébrité maigre, rouge de cheveux [135]. (La Curée.)

Empereur. — Un des chiens du berger Soulas, une bête terrible. Comme son maître, il exècre la Cognette [100]. (La Terre.)

Ernestine. — Une dame qui a occupé une chambre dans la maison de Bourras, et qui a écrit son nom en promenant sur le plafond la flamme d’une chandelle [221]. (Au Bonheur des Dames.)

Escorailles (Marquis D’). — Père de Jules d’Escorailles. Appartient à la vieille noblesse du quartier Saint-Marc, à Plassans. Depuis la chute du roi Charles X, il n’a pas remis les pieds à Paris. Mais, pour assurer l’avenir de son fils, il l’autorise à servir l’Empire et, s’il feint de le renier devant le monde, il travaille à son avancement d’une façon sourde et continue, affectant une humble attitude devant le triomphant Rougon qu’il condescend à traiter d’ami et de compatriote [258], redevenant hautain, plein de morgue et d’insolence, aussitôt qu’il sent la disgrâce de Rougon [410]. Il pousse le manque de dignité jusqu’à mettre son fils aux genoux de Clorinde pour obtenir une sous-préfecture [431]. (Son Excellence Eugène Rougon.)

Escorailles (Marquise D’). — Elle accompagne son mari dans ses visites à Rougon, soulignant ainsi l’humilité de cette vieille famille légitimiste devant le gros parvenu de l’Empire [257]. (Son Excellence Eugène Rougon.)

Escorailles (Jules D’). — Enfant gâté d’Eugène Rougon. qui satisfait en lui son besoin d’éblouir les nobles de Plassans. Haut dignitaire de l’Empire, Rougon fait de ce jeune homme un auditeur au Conseil d’Etat [46], puis, devenu ministre, il le prend comme secrétaire [264]. D’Escorailles, qui est l’amant de la jolie madame Bouchard, obtient tout ce qu’il veut de son patron; mais, comme le reste de la bande, il est ingrat et, au jour de la chute, il n’hésite pas à lâcher Rougon pour briguer les faveurs du ministre Delestang [431]. (Son Excellence Eugène Rougon.)

Espanet (Marquis D’). — Mari de la marquise Adeline. Nommé aide de camp de l’empereur, s’est rallié bruyamment, au scandale de la vieille noblesse boudeuse [8]. N’accompagne jamais sa femme dans le monde [29]. (La Curée.)

Espanet (Marquise Adeline D’). — Une des plus illustres mondaines du second Empire [8]. Petite, mine de chatte, voix flûtée, nez un peu de travers. Amie de pension de Renée Béraud Du Châtel et de Suzanne Haffner, elle est l’inséparable de celle-ci ; de vilaines histoires courent sur leur compte [116]. (La Curée.)

Eugénie. — Cuisinière de Valérie Vabre. Grande belle fille, une Vénus qui fait la conquête de tous les hommes. Elle part au bout d’un mois, ayant communiqué une maladie honteuse à ceux qu’elle a honorés de ses faveurs [338]. (Pot-Bouille.)

Eugénie. — Enfant enterrée au cimetière de Cayenne, à Saint-Ouen, où Bongrand et Sandoz lisent l’inscription sur une pauvre croix, sans entourage, plantée de biais dans une allée : eugénie, trois jours [487]. (L’Œuvre.)

Eulalie. — Ouvrière repasseuse. Gilquin l’a rencontrée un soir, à la sortie de l’Ambigu, et il est devenu son amant. Eulalie habile un hôtel meublé de la rue Montmartre, près de son atelier, Gilquin surprend, dans une chambre voisine, un conciliabule entre Italiens venus à Paris pour assassiner l’empereur [252]. (Son Excellence Eugène Rougon.)

Eulalie. — Grosse marchande de poissons; maîtresse de Bec-Salé, dit Boit-sans-Soif. Elle le flaire chez les marchands de vin, tout en poussant sa voiture le long des trottoirs et, quand elle le pince, il lui arrive de lui envoyer une limande par la figure, pour lui apprendre à manquer l’atelier [444]. (L’Assommoir.)

Eulalie (La Mère). — Marchande de légumes au panier, à Montmartre. Locataire de madame Méchain, dans la cité de Naples. C’est une énorme femme de quarante ans. Malade depuis quinze jours, elle est dans son lit, nue faute de chemise, on dirait une outre à moitié vide, tant elle est molle et coupée de plis. La tête n’est point laide, fraîche encore, encadrée de petits cheveux blonds frisés [161]. Le jeune Victor Saccard, âge de douze ans, d’une précocité de monstre, couche avec la mère Eulalie et l’appelle sa femme [168]. (L’Argent.)

Eusèbe. —Enfant de chœur à Saint-Saturnin de Plassans.  Accompagne l’abbé Bourrette au lit de mort du curé Compan [149]. (La Conquête de Plassans.)