L'Œuvre

L'Œuvre (paragraphe n°1419)

Chapitre VII

Weber passe dans un paysage romantique, conduisant la balade des morts, au milieu des saules éplorés et des chênes qui tordent leurs bras... Schubert le suit, sous la lune pâle, le long des lacs d'argent... Et voilà Rossini, le don en personne, si gai, si naturel, sans souci de l'expression, se moquant du monde, qui n'est pas mon homme, ah ! non, certes ! mais si étonnant tout de même par l'abondance de son invention, par les effets énormes qu'il tire de l'accumulation des voix et de la répétition enflée du même thème... Ces trois-là, pour aboutir à Meyerbeer, un malin qui a profité de tout, mettant aprèsWeber la symphonie dans l'opéra, donnant l'expression dramatique à la formule inconsciente de Rossini. Oh ! des souffles superbes, la pompe féodale, le mysticisme militaire, le frisson des légendes fantastiques, un cri de passion traversant l'histoire ! Et des trouvailles, la personnalité des instruments, le récitatif dramatique accompagné symphoniquement à l'orchestre, la phrase typique sur laquelle toute l'œuvre est construite... Un grand bonhomme ! un très grand bonhomme !

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