L'Œuvre

L'Œuvre (paragraphe n°394)

Chapitre III

Claude et Sandoz faillirent être éborgnés par des petites filles qui sautaient à la corde. Il y avait, sur lestrottoirs, des familles assises, dont les barricades de chaises les forçaient à prendre la chaussée. Pourtant, ils arrivaient, lorsque la vue de l'herboristerie les attarda un moment. Entre les deux vitrines, décorées d'irrigateurs, de bandages, de toutes sortes d'objets intimes et délicats, sous les herbes séchées de la porte, d'où sortait une continuelle haleine d'aromates, une femme maigre et brune, debout, les dévisageait ; pendant que, derrière elle, dans l'ombre, apparaissait le profil noyé d'un petit homme pâlot, en train de cracher ses poumons. Ils se poussèrent du coude, les yeux égayés d'un rire farceur ; puis, ils tournèrent le bec-de-cane de la boutique à Mahoudeau.

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