La Conquête de Plassans

La Conquête de Plassans (paragraphe n°604)

Chapitre VII

Si cela n'est pas pitoyable ! disait-il parfois à sa femme, oubliant que Marthe avait entendu un autre langage dans sa bouche ; voir des gens qui ont volé leur fortune on ne sait où, s'acharner ainsi après un pauvre homme qui n'a pas seulement vingt francs pour s'acheter une charretée de bois !... Non, vois-tu, ces choses-là me révoltent. Moi, que diable ! je puis me porter garant pour lui. Je sais ce qu'il fait, je sais comment il est, puisqu'il habite chez moi. Aussi je ne leur mâche pas la vérité, je les traite comme ils le méritent, lorsque je les rencontre... Et je ne m'en tiendrai pas là. Je veux que l'abbé devienne mon ami. Je veux le promener à mon bras, sur le cours, pour montrer que je ne crains pas d'être vu avec lui, tout honnête homme et tout riche que je suis... D'abord, je te recommande d'être très aimable pour ces pauvres gens.

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