La Débâcle

La Débâcle (paragraphe n°2056)

Partie : DEUXIEME PARTIE, chapitre VII

D'ailleurs, tous les trois galopaient, galopaient, sans reprendre haleine. Autour d'eux, la queue extrême des fuyards coulait toujours à pleine route, d'un train sans cesse accru de torrent débordé. Quand ils arrivèrent à la porte de Balan, ils durent attendre, au milieu d'une bousculade féroce. Les chaînes du pont-levis s'étaient rompues, il ne restait de praticable que la passerelle pour les piétons ; de sorte que les canons et les chevaux ne pouvaient passer. A la poterne du Château, à la porte de la Cassine, l'encombrement, disait-on, était plus effroyable encore. C'était l'engouffrement fou, tous les débris de l'armée roulant sur les pentes, venant se jeter dans la ville, y tomber avec un bruit d'écluse lâchée, comme au fond d'un égout. L'attrait funeste de ces murs achevait de pervertir les plus braves.

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