La Débâcle

La Débâcle (paragraphe n°286)

Partie : PREMIERE PARTIE, chapitre III

Il s'était fait également servir une tasse de café, et il regardait le lieutenant, gagné par sa belle humeur, un peu surpris pourtant des trois cent mille hommes, lorsqu'on n'était guère plus de cent mille, et de sa singulière facilité à écraser les Prussiens entre l'armée de Châlons et l'armée de Metz. Mais il avait, lui aussi, un tel besoin d'illusion ! Pourquoi ne pas espérer encore, lorsque le passé glorieux chantait si haut dans sa mémoire ? La vieille guinguette était si joyeuse, avec sa treille d'où pendait le clair raisin de France, doré de soleil ! Denouveau, il eut une heure de confiance, au-dessus de la grande tristesse sourde amassée peu à peu en lui.

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