Le Docteur Pascal

Le Docteur Pascal (paragraphe n°1412)

Chapitre XI

Le combat devint ainsi de toutes les heures. C'était un continuel assaut de tendresse, d'oubli de soi-même, dans l'unique besoin du bonheur de l'autre. Mais lui, si l'émotion de la voir bonne et aimante rendait plus atroce la nécessité du départ, comprenait que cette nécessité s'imposait davantage chaque jour. Sa volonté était désormais formelle. Il restait seulement aux abois, tremblant, hésitant, devant les moyens de la décider. La scène de désespoir et de larmes s'évoquait : qu'allait-il faire ? qu'allait-il lui dire ? comment en arriveraient-ils, tous les deux, à s'embrasser une dernière fois et à ne plus se voir jamais ? Et les journées se passaient, il ne trouvait rien, il recommençait à se traiter de lâche, chaque soir,lorsque, la bougie éteinte, elle le reprenait entre ses bras frais, heureuse et triomphante de le vaincre ainsi.

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