Le Docteur Pascal

Le Docteur Pascal (paragraphe n°1427)

Chapitre XI

Et, dès ce jour, il affecta de se rejeter tout entier dans le travail. C'était, d'ailleurs, une de ses théories, que l'absolu repos ne valait rien, qu'on ne devait jamais le prescrire, même aux surmenés. Un homme ne vit que par le milieu extérieur où il baigne ; et les sensations qu'il en reçoit se transforment chez lui en mouvement, en pensées et en actes ; de sorte que, s'il y a repos absolu, si l'on continue à recevoir les sensations sans les rendre, digérées et transformées, il se produit un engorgement, un malaise, une perte inévitable d'équilibre. Lui, toujours, avait expérimenté que le travail était le meilleur régulateur de son existence. Même les matins de santémauvaise, il se mettait au travail, il y retrouvait son aplomb. Jamais il ne se portait mieux que lorsqu'il accomplissait sa tâche, méthodiquement tracée à l'avance, tant de pages chaque matin, aux mêmes heures ; et il comparait cette tâche à un balancier qui le tenait debout, au milieu des misères quotidiennes, des faiblesses et des faux pas. Aussi, accusait-il la paresse, l'oisiveté où il vivait depuis des semaines, d'être l'unique cause des palpitations dont il étouffait par moments. S'il voulait se guérir, il n'avait qu'à reprendre ses grands travaux.

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