Le Docteur Pascal

Le Docteur Pascal (paragraphe n°174)

Chapitre II

Elle releva ses cheveux, se lava à grande eau ; puis, cédant à son impatience, elle revint ouvrir doucement la porte de sa chambre, et se risqua à traverser sur la pointe des pieds, sans bruit, la vaste salle de travail. Les volets étaient fermés encore, mais elle voyait assez clair, pour ne pas se heurter aux meubles. Lorsqu'elle fut à l'autre bout, devant la porte de la chambre du docteur, elle se pencha, retenant son haleine. Etait-il levé déjà ? que pouvait-il faire ? Elle l'entendit nettement qui marchait à petits pas, s'habillant sans doute. Jamais elle n'entrait dans cette chambre, où il aimait à cacher certains travaux, et qui restait close, ainsi qu'un tabernacle. Une anxiété l'avait prise, celle d'être trouvée là par lui, s'il poussait la porte ; et c'était un grand trouble, une révolte de sonorgueil et un désir de montrer sa soumission. Un instant, son besoin de se réconcilier devint si fort, qu'elle fut sur le point de frapper. Puis, comme le bruit des pas se rapprochait, elle se sauva follement.

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