Pot-Bouille

Pot-Bouille (paragraphe n°1744)

Chapitre X

Alors, Duveyrier sentit la nécessité de regretter son beau-père. C'était un homme bien intelligent, une puissance de travail incroyable. D'ailleurs, on allait sansdoute pouvoir encore le tirer de là. Rue de Choiseul, ils trouvèrent la porte de la maison ouverte et ils tombèrent sur un groupe, planté devant la loge de monsieur Gourd. Julie, descendue pour courir chez le pharmacien, s'emportait contre les bourgeois qui se laissent crever entre eux, quand ils sont malades ; c'était bon aux ouvriers, de se porter du bouillon et de se faire chauffer des serviettes ; depuis deux heures qu'il râlait là-haut, le vieux aurait pu avaler vingt fois sa langue, sans que ses enfants eussent pris seulement la peine de lui mettre un morceau de sucre dans le gosier. Des cœurs secs, disait monsieur Gourd, des gens qui ne savaient pas se servir de leurs dix doigts, qui se seraient crus déshonorés s'ils avaient donné un lavement à un père ; tandis qu'Hippolyte, renchérissant encore, racontait la tête de madame, là-haut, son air bête, ses bras ballants en face de ce pauvre monsieur, autour duquel les domestiques se bousculaient. Mais tous se turent, lorsqu'ils aperçurent Duveyrier.

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