Son Excellence Eugène Rougon

Son Excellence Eugène Rougon (paragraphe n°1437)

Chapitre VIII

Pourtant ces familiers, qu'il tenait en une si médiocre estime, il avait le besoin de les voir, de régner sur eux ; un besoin de maître jaloux, pleurant en secret des moindres infidélités. Même, au fond de son cœur, il était attendri par leur sottise, il aimait leurs vices. Ilssemblaient à présent faire partie de son être, ou plutôt c'était lui qui se trouvait lentement absorbé, à ce point qu'il restait comme diminué, les jours où ils s'écartaient de sa personne. Aussi finit-il par leur écrire, lorsque leur absence se prolongeait. Il allait jusqu'à les voir chez eux, pour faire la paix, après les bouderies sérieuses. Maintenant, on vivait en continuelle querelle, rue Marbeuf, avec cette fièvre de ruptures et de raccommodements des ménages dont l'amour s'aigrit.

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